Articles Tagués ‘Ayurveda’

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Lâche-toi, c’est bon pour ce que t’as ! – Leçon n°4 : la clairvoyance

décembre 18, 2009

Il vous a plu le Dr Sambhu ? Vous en voulez encore ? Dans la série «
putain, trop fort, ce mec est trop fort »…

Canailles, vous espérez obtenir quelques détails croustillants sur le
traitement ? Patience ! La suite dans deux semaines, si nos pas nous
ramènent par là, et si nous survivons à l’équipée Royal Enfield –
mais c’est une autre histoire… Pour l’heure, retour au bon docteur.

J+3, la tête dans le pâté, H-2 avant le départ, heure du débriefing.
Jusqu’alors, l’animal ne s’est pas avéré très causant, se
contentant de débarquer une ou deux fois par jour dans la salle de massage
pour  nous prendre le pouls, observer un chouia, et basta. Rien à voir
avec les médecins de chez nous qui t’écoutent déballer tes symptômes
avant d’hocher la tête d’un air docte et te prescrire les mêmes
boîtes de médocs qu’à tous les autres…

Et pourtant, à Stachmu, il lui a suffi de quelques heures pour nous percer
à jour. « Ca va ? » demande-t-il. « Mouaip, mal au crâne, la tête
comme un ballon de foot dans la gueule d’un doberman… » Et là, paf,
sans attendre la suite, il décortique toute « ma » vérité. Straight to
the point, en plein dans le mille. Scientifiques, holistiques, son acuité
et ses explications se passent de commentaires…

Pas le genre à se satisfaire de ce qu’on laisse paraître, Mister S., ni
même du (rare) équilibre de mes doshas – les connaisseurs
apprécieront. Pas plus qu’à se contenter, face aux désordres de nos
bazars internes, de balancer des recettes toutes faites du genre «
habille-toi en orange, mange épicé, ça ira mieux après » : tss tss,
pansements sur jambes de bois. A la racine, agir il faut, petit
scarabée…

Pas fastoche, mais plus rock’n’roll que de gober de l’aspirine
pendant trente ans !

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What happens to the holes when the cheese is gone? – Leçon N°3 : la rientitude

décembre 16, 2009

Allongée sur mon lit, (très) occupée à fixer le plafond de ma moustiquaire, une phrase me vient soudain à l’esprit :  « What happens to the holes when the cheese is gone ? »

Qu’advient-il des trous quand il n’y a plus de fromage ?

Qu’advient-il du gras quand il n’y a plus de bide ? Qu ‘advient-il de l’ermite quand il n’y a plus de Bernard ? Qu’advient-il des nuages quand il n’y a plus de ciel ? Qu’advient-il des rêves quand il n’y a plus de rêveurs ? Qu’advient-il des mots quand il n’y a pas d’écoute ? Qu’advient-il de l’esprit quand les pensées se taisent ?

Réponse : rien. Mais un rien qui vaut des points. Un rien qui occupe tout. Un rien confit d’amour. Amour qui veut dire être. Être là, dans ce que l’on fait, dans ce que l’on vit, avec qui l’on est, tel que l’on est. Être le dosa du matin, trempé dans la sauce avec les doigts (sinon c’est pas marrant). Etre le livre bouquiné dans une échoppe de Beach Road, installés comme des pachas sur des chaises en plastique. Etre les histoires de coeur d’Assia , racontées par le menu (et y a de quoi faire). Etre le sourire contrit de Dr Stachmu quand il m’annonce que la séance tripotage va avoir du retard. Etre l’attente, être la fatigue. Etre les mains de la masseuse. Etre le filet d’huile chaude qui coule sur mon front durant Sirodhara…

Etre la sensation, prégnante, enveloppante, d’avoir passé la journée comme un baba à l’huile. N’être rien, au fond. Rien que ça. Et le curry du soir. Palak / paneer. Epinards / fromage. Fromage… What happens to the cheese when the holes are gone?

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Oh oui, marche-moi dessus – Leçon N°2 : la confiance

décembre 15, 2009

Pourquoi accepter d’un mec que tu ne connais pas depuis cinq minutes des choses que tu accepterais à peine de ton mari après quinze ans de vie commune ?

Quand le docteur Sambhu (« comme shampoo mais avec un b ») m’a parlé de « foot massage », je pensais qu’il allait s’intéresser à mes plantes de pied. J’en frémissais d’avance… Mais lorsque son assistante, la charmante Vinita, a installé le matelas par terre et dénoué la corde rivée au plafond, j’ai compris mon erreur. Trois-quarts d’heure de « marche-moi dessus » plus tard, j’en aurais bien redemandé ; puissante méthode pour faire atterrir les Vatha éthérés !

Quand le gaillard m’a ensuite susurré à l’oreille, comme la promesse d’une nuit d’amour, « I’m gonna do the lavement now, ok ? », je me suis entendu minauder « yes, ok ». Hey, je connais à peine ce mec, et voilà qu’il m’injecte de l’huile (ayurvédique, certes, mais tout de même) dans le cul. Ben tiens ! Ca s’appelle la confiance…

Et Doc Sambhu, je l’ai vu au premier coup d’œil, est un mec bien. Le genre à porter sur sa gueule et dans sa façon d’être tous les bienfaits de sa science… Alors vous savez quoi ? On recommence demain !

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Whatever and cold drinks – Leçon N°1 : la patience

décembre 15, 2009

Nom de code : S6. Sleepers 6, numéro du wagon. Départ Cochin, direction Trivandrum.

Wagon, le terme est bon. Réservation foireuse, horaires foireux, et alors ? Les Indiens laissent passer… Ici, on ne le tue pas le temps, on ne le prend pas non plus : on le passe. Habitués à attendre, les Indiens, sans se faire des nœuds au cerveau, se sentir obligés d’occuper l’espace ou… le temps. Moment vide ou moment présent ?

S6. Pas de vitres, mais des barreaux. Lumière blafarde, banquettes en skie bleu lavasse (à défaut d’être lavande). Bagages en hauteur, tatanes éparses sur le sol. La moiteur, dedans ; les palmiers, dehors. L’odeur des corps, le chant des wallahs : « Tea, coffee, wat(ev)er and cold drinks ! »

S6. Trois saris, six chemises et deux paires de grands yeux, typiques des minots de par là. Entassés à treize dans un wagon déglingué au soleil couchant, qui mieux que nous ?

Whatever and cold drinks…

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